Il y a trois ans, je suis partie au Maroc pour un des voyages qui a le plus marqué ma vie de voyageuse. Pour les rencontres, la richesses des échanges, la rupture de rythme de vie, mon séjour à l’écolodge Touda, niché dans le haut Atlas au Maroc, m’avait submergée d’émotions et j’avais quitté cette famille adoptive marocaine la larme à l’oeil.

Alors quand Saïd m’a proposé de revenir à Touda, il ne m’a pas fallu longtemps avant de répondre par un immense oui. Il me tardait de revenir dans cette maison et revoir Fatima, Neijma, Ahmed, avec la crainte qu’ils ne se souviennent pas de moi alors qu’eux ont laissé une véritable empreinte dans ma vie.

Il a fallu s’organiser et gérer au mieux mon emploi du temps pour impacter le moins possible ma relation avec mes clients, puis j’ai pris l’avion un peu stressée mais consciente que ce voyage allait me forcer à prendre le temps de prendre du temps.

23h30, aéroport de Marrakech. Emilie, Bastien et moi attendons notre chauffeur qui nous amène de nuit à Touda. A peine installés dans le van, je comprends que le chauffeur n’est absolument pas décidé à nous laisser dormir durant le trajet, assez long, non-éclairé et qui se termine par une heure de piste. Tant pis pour le sommeil. J’ai un peu peur de laisser ma peau sur les routes marocaines à cause d’une somnolence collective et décide donc de faire la conversation.

Discussions nocturnes.

4 heures de route c’est long, surtout aux premières heures d’une nouvelle journée, alors nous parlons de nos vies. Des enfants, des relations de couple, du poids de la famille. Nous comparons et essayons de comprendre comment nos vies fonctionnent. Je dois passer pour une féministe écervelée quand j’explique que je ne suis pas mariée et vis avec un homme et son enfant qui n’est pas le mien. Que la polygamie n’est pas autorisée en France, que les enfants ne restent pas une fois grands, au domicile des parents. Et de nos échanges, parfois musclés sur nos vies respectives, les kilomètres défilent. C’est quand Morphée a eu raison de moi que nous arrivons à Touda. Ahmed nous accueille comme il peut, réveillé à 4h du matin et je m’évanouie dans mon lit.

En fin de matinée, après une nuit bien trop courte à mon goût, je retrouve tout le monde et surtout le fameux petit déjeuner avec les crêpes de Fatima ! Toujours aussi délicieuses. Heureusement pour mes kilos, je ne passe que 2 nuits à Touda puisque nous partons en randonnées pendant 4 jours dans les gorges Mgoun (petit teasing sur les prochains articles). Rien a changé et tout a changé. La maison s’est magnifiquement agrandie avec de larges baies vitrées. Il y a parfois Internet. Les chambres ont toujours la même déco et il faut toujours faire attention à notre consommation d’eau et d’électricité. La nourriture est toujours aussi bonne. Je croise plus de monde avec des téléphones portables. Les pantalons des enfants ont toujours quelques trous et les mules n’ont pas été remplacées par des voitures. La journée se passe calmement, au rythme de la vie dans le fin fond de l’Atlas. Descendre au village, retrouver les sourires d’enfants, visiter l’Ecomusée de la Vallée des Bougmez, rencontrer les habitants en plein battage, prendre le temps de rien faire, boire un thé et regarder encore le soleil se coucher.

  Ce séjour est le fruit d’une invitation de l’Ecolodge Touda. Les choix éditoriaux des articles et vidéos qui font suite à ce voyage me reviennent librement.