Vous voyez les petits vieux de la série Scènes de Ménage ? Raymond et Huguette. Ce petit couple un peu cruels et asociaux d’M6. Je les ai trouvé au Japon ! Nous voulions vivre l’aventure d’une nuit chez l’habitant et nous avons atterris chez Les Raymond et Huguette japonais. Cette aventure s’est avérée être mon pire souvenir de ce voyage au japon.

Au commencement, on était contents

Aussi joyeux que des pinsons, nous avons pris des bus jusqu’à un micro-village perdu dans les Alpes japonaises où Huguette est venue nous chercher. Hyper bavarde, elle nous épluche sa vie : originaire des Philippines, elle était chanteuse. Raymond l’a vue, ils sont tombés amoureux et il l’a embarquée au Japon pour vivre leur idylle dans la montagne. #TropMignon.  Raymond est déterminé. Ex-haut fonctionnaire de l’Etat, il a enchaîné 3 ou 4 mariages et sa passion est de courir des marathons.

 

Mais très vite, nous sommes devenus deux éléphants dans un magasin de porcelaine. Nos hôtes nous proposent un thé et de prendre du temps dans leur salon. On découvre l’autel aux médailles de Monsieur et la collection de peluches Donald de Madame… Bien. Mais au bout de quelques minutes, on se retrouve un peu comme deux crétins au milieu de leur maison, étant les seuls visiteurs ce soir là. Voulant nous rendre utiles, on demande si on peut aider en cuisine. Non. Raymond aime être seul aux fourneaux alors Huguette nous sort ramasser des champignons dans les bois… Champignons que nous retrouverons dans notre soupe au petit déjeuner.

 

Punaises

On décide de se retirer un peu dans notre chambre (parce qu’on s’ennuie) quand Huguette nous donne un gros rouleau de scotch marron. « C’est pour les punaises ! Il y en a partout, mais surtout ne les écrasez pas ! » Oh joie ! Des bestioles partout sur le tatamis.

18h30, nous passons à table et c’est le défilé incroyable de plats. On ne sait pas trop ce que c’est mais c’est bon. Un poisson cuit à côté de notre table. C’est juste fou. R&H ne dînent pas avec nous (ils sont à quelques mètres derrière un paravent) mais déboulent toutes les 10 min pour nous parler. Enfin, pas vraiment nous parler parce que Raymond ne parle pas un mot d’anglais et c’est plus des échanges de gestes et de bruits. A la fin du repas, nous faisons la grave erreur de leur demander conseil pour les bus du lendemain. Et là, c’est le drame. Raymond ne m’adresse pas la parole, montre des mots japonais à Guillaume sur un vieux bout de papier, personne ne se comprend et nos hôtes de vexent. Grosse ambiance.

repas traditionnel japonais

 

Petit déjeuner « local »

Je me réveille avec le soleil (il n’y a pas de volets au Japon), toute cassée par cette nuit sur un futon beaucoup trop fin et encore angoissée d’être attaquée par ces satanées bestioles dans mon sommeil. Bref, nuit horrible et de mauvais poil, nous descendons pour un petit déjeuner local et… surprise : c’est très loin de nos habitudes alimentaires et personnellement, ça ne passe pas… Poissons chelous, soupe de palourdes et champignons, trucs bizarres en tout genre… Bref, j’en ai marre et la déconvenue de la veille nous reste en travers de la gorge.

voici l’expression du bonheur au petit déjeuner

 

Autant vous avouez qu’après tout ça, on avait envie de prendre l’air… Nous sortons nous balader mais Huguette nous court après pour qu’on aille couper du riz… Ils ne nous lâcherons donc jamais ? On fait notre B.A, et comme des ados qui sèchent des cours, on s’échappe sur la route. Je me fais copine avec des chèvres et découvre qu’il est finalement plus facile de communiquer avec des biquettes qu’avec un couple de montagnards japonais.

 

Moralité

Alors voila. Je suis acide et j’aime bien en faire des caisses (mais c’est pour cela que vous me lisez depuis plusieurs années, hein 😉 ) et finalement, avec les mois passés, j’ai un souvenir sympathique de ce moment absurde et oppressant. En voyage, on veut souvent s’imprégner au maximum de la vie locale, comprendre comment les gens vivent et on imagine que les lois de la communication s’appliquent quelques soient les gens ou l’endroit sur la planète… Cette expérience est l’exemple même que parfois, ça ne passe tout simplement pas. Nous avons passé un moment inconfortable, complètement sur-couvés, à essayer de nous exprimer avec des codes que l’on ne connait pas et nous avons eu le sentiment « d’être pris au piège » pendant 24h. Le pire : je suis sûre que pour eux aussi ce fut un malaise et qu’ils nous ont trouvé grossier ou je ne sais trop quoi. #PutainDeFrançais.  Bref, c’est la vie.