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C’était l’été dernier. Teint hâlé par de longues heures au soleil, les hormones en rut. L’été, c’est la période des rencontres.

Je ne travaillais pas et je Tindais (je zonais sur Tinder) sur mon canapé. Entre deux coups de pouce à gauche, je tombe sur son profil intéressant. Je l’appellerai Alphonse. Châtain clair et coiffé à la Tintin, plutôt grand, yeux marrons… Il a l’air fun… Coup de pouce à droite et c’est le match !
– « Salut »
– « Salut »

Oui non avons cruellement manqué de conversation dès le départ ! Questions de base : Que fais-tu dans la vie, Où vis-tu ? Ce charmant Alphonse travaille dans la pub. Génial, je trouve une brèche pour engager la conversation, travaillant moi-même dans la com’ :
– « Tu es en agence ? Tu es chez de projet ? »
– « Non je suis plus genre commercial »

 

Mouais… On change de sujet et on échange nos numéros de téléphone pour éviter de vider nos batteries. On continue dans les banalités puis il me demande des photos… C’est bon, il me fatigue. Il imaginait recevoir un selfie décolleté avec duckface, il aura mon chat qui dort… Il ne fallait pas demander. Plus il insiste plus je me désintéresse… Il me demande ce que je fais ce soir. J’ai plus envie de regarder la télé que de le rencontrer. Il insiste. Non.

Fin de journée, j’ai enfilé mon plus joli short en pilou-pilou et je discute avec une amie sur Facebook.
– « Je sors ce soir. Je vais rencontrer un gars de Tinder… »
– « Ah oui ? Montre-le moi »
C’est lui !
– « Viens, on va le calmer le coco !!! »
Un peu vexée alors que je n’en avais rien à faire, je m’agace de savoir que nous étions plusieurs dans la course… Piquée dans ma folie,  je saute dans un jeans, me maquille et roule vite au lieu de rendez-vous. Mon amie et moi avons monté ce plan machiavélique en quelques minutes. Nous sommes arrivées avant lui, commandé deux mojitos et commencé à disséquer la bête pour vérifier si il s’est inventé la même vie. Son téléphone sonne et elle part le chercher à l’extérieur. Ils s’approchent de moi. Au fur et à mesure qu’ils avancent, le sourire en coin de mon amie s’allonge proportionnellement à la pâleur d’Alphonse…

– « C’est quoi ce plan ? »
– « Tu la reconnais ? »
– « Bien sûr que je la reconnais ! »

Pauvre Alphonse… Il était mal mais il est resté. Je découvre qu’il ne travaille pas du tout dans la pub mais dans un collège. Il s’était inventé une vie. Le genre de profil qui souhaite mettre du mystère mais qui en face n’assume pas. Je n’aurais pas aimé que l’on me fasse ce plan, mais c’était facile. Une vengeance de femmes trop souvent prises pour des naïves bonnes qu’à se coucher. Oui c’était nul, mais quand on en a marre d’être prises pour des objets (notamment sexuel), marre d’avoir l’impression d’être produit en rayon, on en vient à se comporter comme un homme. Parce que oui, on a eu un comportement d’homme (ou de femmes castratrices au choix). Au fond, c’est un mec probablement bien mais il avait décidé de mettre sa casquette de salaud et nous l’avons un peu calmé. Il ne voulait pas passer la nuit seul, il est servi : deux nanas avec une carapace de plusieurs centimètres sont au rendez-vous. Mais attention, vu nos regards, le plan à 3 ne lui a très certainement pas traversé l’esprit.

Je glisse dans la nuit pour rejoindre mon appartement. Finalement, ce n’était pas une si mauvaise soirée. Malgré les circonstances c’est resté sympa et j’ai même un peu ri ! Sonnerie de mon téléphone : « Ca te dit un dernier verre ? » Mais c’est quoi ce mec ?
La suite de la soirée, je la garde pour moi.

 

Comments:

  • 8 octobre 2015

    On veut savoir la suite !

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