Aquitaine, Europe, France

Ma pire fête de La Madeleine

Plus de 10 ans que je fais les fêtes du sud-ouest et ma toute première *soupir de nostalgie* était Mont de Marsan. A l’époque j’avais 17 ou 18 ans, j’étais encore au lycée et j’avais mon premier boy-friend totalement saoul… mon premier choc…  mais là n’est pas la question. D’année en année, j’ai écumé les férias de Vic Fesansac, de Dax, de Mont de Marsan, plusieurs fois chacune, mais pas de Bayonne. J’ai toujours eu peur de LA plus grosse féria du sud-ouest qui draine près d’un million de festayres. Ne connaissant malheureusement pas de bayonnais pour m’entraîner dans les bonnes peña, je n’avais pas envie de croiser d’apprentis-festayres qui n’aiment pas le bruit, être sales et qui aiment la bagarre. Non, je préfère les plus petites, celles que je connais maintenant bien et où je n’ai jamais eu de problème.

 

Trois mots sur les fêtes pour les novices

Une féria une fête locale annuelle, en Espagne et dans le sud de la France, caractérisée par des activités foraines, des courses de taureaux ou des corridas. Il y a de nombreuses animations de rues, toujours rythmées par des bandas. En 2013, près de 320 férias étaient recensées, c’est vous dire la place des férias dans notre patrimoine ! Un festayre est donc un « fêtard » qui participe aux férias.

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Même sans parler occitan, vous comprenez je pense

 

La panoplie du parfait festayre

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Le parfait petit festayre s’identifie grâce à sa tenue blanche, un foulard, une écharpe autour des hanches et parfois un béret. Normalement la couleur de ces accessoires est rouge mais certaines villes veulent se différencier, comme Mont de Marsan, en bleu…  Personnellement j’aime bien avoir un accessoire en plus. Cette année c’était perruque blonde.

 

Le festayre communie avec ses semblables en buvant (souvent trop) et en chantant très fort (et mal) ! D’ailleurs il doit connaitre parfaitement ses classiques tels que La Boiteuse, la vache elle est barjot, Jean petit et surtout J’irai de Pampelune.

Alors on chante tous en cœur…

Autre coutume locale, faire le paquito ! Aux premières notes du Paquito, on s’assoit en file indienne, « les bras du paquito » se mettent à se balancer et quelques courageux sautent sur la file. Le but étant de le porter à la force des bras jusqu’au bout de la file… Si ça ce n’est pas de la belle communion 😉

Petit conseil : j’ai déjà participé à des paquitos (imaginant que ma force serait suffisante) jusqu’au drame… un jour, sûrement à cause d’un trop fort taux d’alcool (de la personne devant moi bien évidemment), je n’ai pas été « synchro » avec l’homme devant moi et on s’est télescopé… Je me suis réveillée le lendemain matin avec une paupière toute bleue… Oui très classe et féminin !

Mais rien ne vaut des images, alors voici un mini-clip sur les Fêtes de la Madeleine 2014

 

Mais revenons à la féria la plus catastrophique de ma vie : Mont de Marsan 2014

Départ samedi 17h. La 206 est pleine à craquer de tentes, duvets, couettes, oreillers (oui nous sommes 3 filles et avons besoin d’un minimum de confort) et les courses sont faites. Ne trouvant pas où nous installer en « camping sauvage » nous établissons notre campement au camping municipal. Nous trouvons un coin où nous installer proche d’un bois. Tentes ouvertes pour la nuit, apéro sorti, nous faisons rapidement connaissance avec nos « voisins » qui s’empressent de faire la discussion à 3 jeunes filles solitaires… L’alerte à l’orage semble n’être qu’une légère averse, la fête semble bien partie. Nous chaussons les baskets (oui, Julie, pendant les férias il faut des chaussures FERMÉES !!!) et partons vers le centre-ville !

La féria est super bien : l’américain-magret passe merveilleusement bien dans nos estomacs affamés ; nous rencontrons moult mâles prêts à en savoir plus sur nous ; on danse, on chante, bref c’est top (Non je ne parlerai pas de ma chute en dansant, de ma lourdeur avec le karatéka au tee-shirt bleu, ni de mon « fouet » en bambou…)

Rue de la soif...

Rue de la soif…

Petite pause coup de gueule : j’ai remarqué, pour la première fois, que la « population » était très jeune… trop jeune… A moins que ce soit moi qui vieillisse ? Non, quand même… Enfin, vous trouvez que 28 ans c’est trop vieux pour participer aux férias ? Sérieux, suis-je devenue une festayre-cougar ? Est-ce que l’année prochaine on va m’appeler « madame » et me demander combien j’ai d’enfants ? Est-ce que je risque le détournement de mineur ?

 

Il est 6h je vais me coucher

Il est 6h je vais me coucher

Brefffffffff, vient les 5h du matin, la musique commence à s’arrêter alors nous décidons de rentrer au campement (ce qui nous permet de faire encore de belles rencontres). Arrivées à la voiture, la clé de fonctionne plus. Tiens, mais on a laissé la vitre ouverte, … mais non, elle est cassée ! C’est à ce moment là qu’il commence à pleuvoir. Pas la petite pluie : le truc costaud juste pour nous ennuyer. La panique nous envahie. On a fouillé nos affaires, on nous a sûrement dépouillées ! On décuve bien vite.

Rapidement on constate qu’on a volé du liquide et que ces connards ont surtout fait la fête dans la voiture en tripant avec nos affaires… Je retrouve ma carte bleue sous un siège ; dommage, j’ai déjà fait opposition. On se dit qu’il faut qu’on dorme mais on n’a pas les idées claires. Téléphoner à l’assurance, un dépanneur vient et embarque la voiture. On se retrouve avec nos 10 000 affaires sous la pluie à attendre qu’il soit 9h. Nous réussissons à nous assoupir 20 minutes à 3 sous une tente (je me suis d’ailleurs réveillée les jambes à l’extérieur et sous la pluie…) On charge nos dos comme des mules et partons à la recherche d’un commissariat, toujours sous la pluie. On découvre la ville de Mont de Marsan à l’heure du nettoyage et des travailleurs, alors que nous sommes des épaves. Les vêtements mouillés donnent l’impression qu’on a dormi dans un chenil de SPA. Vanessa me regarde et me dit tristement « tu sens encore le rhum »… sauf que je venais de me brosser les dents avec le peu d’eau qu’il nous restait. Nous pénétrons dans le commissariat pour déposer plainte. On essaie de rassembler ce qu’il nous reste de dignité pour échanger le plus proprement possible avec la commissaire de police qui tapote sur son clavier. Même si nous sommes coupables de rien, on baisse la tête. Et maintenant ? Comment on rentre ? Nous avons les larmes aux yeux quand l’assureur propose que nous prenions le train jusqu’à Toulouse en passant par Bordeaux. 6 heures de train après une nuit blanche et mouillées… non s’en est trop ! On s’attable au seul café ouvert, commandons un café et une chocolatine attendant le Messie pour que cet acharnement arrête. Enfin le portable sonne, Vanessa saute derrière le bar (oui car elle n’avait plus de batterie et donc recherchait la moindre prise pour avoir ce fameux appel), Julie règle notre pantagruélique petit déjeuner (je rappelle que je n’ai plus un rond!) et là : le soleil brille : UN TAXI !

Un taxi va nous ramener à la maison !

On le bénit… Nous n’avons pas été d’extraordinaires passagères puisque une fois en sécurité dans son auto, nous sombrons enfin dans le sommeil. Réveil à Toulouse à midi, enfin. Nouveau petit coup de boulette : Vanessa a oublié le pass de son parking dans la voiture qui est chez le dépanneur (nos voitures sont bien évidement bien au chaud dans son parking…) et Julie oubli son portable dans le taxi, qui est reparti à Mont de Marsan… Oui, on a envie de se mettre des baffes !

Enfin ma douche, des pâtes et mon lit !

Je pense que cette féria Mont de Marsan 2014, je m’en souviendrai !

Bon j'assume moyennement nos têtes après une nuit blanche... Julie dort en boule dans la tente

Bon j’assume moyennement nos têtes après une nuit blanche… Julie dort en boule dans la tente

 

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