Humeurs

– L’Autre de sa vie –

Le jour où j’ai découvert que j’étais « l’Autre » de sa vie…

Je regardais ses photos avec un sourire niais. Encore inconsciente de tout le mal que j’allais ressentir 2 heures plus tard. J’étais impatiente de le revoir même si j’avais juré que c’était fini. Mais c’est plus fort que moi, que nous. Un message, puis deux. Puis le besoin de se sentir encore, vivants, de remettre nos empreintes quotidiennes dans nos vies. J’acceptais la distance et les mystères, j’ai abdiqué sur ses choix de vie et me disais  « prend ce qu’il a à prendre. Il te rend belle et heureuse ».

Donc, ses photos défilaient. Des photos que je connais par cœur. Traces de moments ou de discussions. Jusqu’à une. Une de mes préférées, dont je connais chaque détails. Et un petit quelques choses a retenu mon attention pour la première fois. Un micro détail mais je ne voyais plus que ça. En un millième de seconde j’ai fait une association d’idées et la folie m’a prise. Incapable de résister au besoin de Savoir. Pour la première fois, je tenais une piste concrète qui pouvait répondre à mes questions.

Telle une enquêtrice, j’ai passé des heures sur les pages Internet hollandaises. Je commençais à me résigner puis j’ai trouvé une photo. Pas récente, mais c’était lui. Mais sous la photo, le nom est différent. Pas de Marc. Puis une autre photo, toujours avec ce nom, que je ne connais pas.

Je prends un camion dans le visage : MON Marc, n’est pas Marc.

Je me suis mise à trembler, incapable de décrocher les yeux de mon écran. J’ai cherché, comme une névrosée, encore et encore. Tout y est passé : Google, Facebook, Twitter, Instagram, jusqu’à ce que la vérité apparaisse. Claire. Un nom, une adresse, une femme et surtout, un fils.

Après mes tremblements, mon sang s’est glacé et la pointe d’un couteau s’est enfoncée dans mon ventre. J’ai eu envie d’hurler. C’était impossible. Pourtant, tout s’expliquait. C’était comme tirer sur le bon fil d’une pelote de laine…

Après avoir découvert LA photo du haut, j’ai vomi.

Tiraillée entre la colère, le déni et le choc.

Je ne savais pas quoi faire. Je me sentais trahie, en colère. Devais-je attendre de le revoir et l’accueillir par son vrai nom ? Voir son visage, sa réaction, entendre en direct ses explications… C’est ce que je voulais le plus. Le coincer sans échappatoire. J’ai aussi pensé à prendre le prochain avion mais que faire si je me trouvais face à un mur ? Et attendre allait me rendre encore plus folle. J’ai écrit…

Et je n’ai pas eu de mur en face de moi. Il ne m’a pas bloquée. Il n’a pas répliqué. Il semblait soulagé. Je l’ai imaginé baisser les yeux, honteux et apeuré. Peut-être a t’il embrassé son fils pour se donner du courage sur ce qui allait suivre… Nous avons entamé un marathon d’interminables heures d’échanges, de messages, de visio et de pleurs. J’ai essayé de comprendre pourquoi. Pourquoi tout ces mensonges ? Pourquoi ne pas me l’avoir dis quand je lui ai demandé, de si nombreuses fois… Pourquoi moi ?

J’ai entendu ses sentiments qui ont grandi, qu’il était trop tard et trop difficile de m’avouer la vérité. L’Homme au Cœur de pierre, amoureux, de moi, la numéro 2. Que vaut sa parole ? Un nouveau mensonge ?

Des pierres dans l’estomac, incapables de manger, de bouger ou de dormir sans faire de cauchemars. Prostrés. Nous sommes en ses larmes. Je vois sa honte, sa tristesse…

Même loin et française, et qui plus est blogueuse, j’ai le pouvoir effrayant de briser sa vie également. Tout est à ma portée. Mais cet enfant… Ce pauvre gosse, qui n’y est pour rien de la folie de son papa. Son papa, lâche et connard, qui est simplement tombé amoureux… Que dois-je faire ? Tout exploser ? Quitte à le perdre, même si c’est déjà le cas. Pourquoi il ne perdrait pas tout lui aussi ? Sa femme de devrait-elle pas savoir ? Tout révéler donnerait également de la légitimité à notre folle relation. Mais, pourquoi faire tout ce mal ? Pourquoi plus de pleurs et cris ? A quoi me servirait la vengeance à part passer pour la méchante de l’histoire ?

Je suis brisée, pour la deuxième fois de ma courte vie, par une histoire dégueulasse d’adultère. Apres un an et demi d’échanges quasi quotidien, le petit cœur bleu devant son nom disparaît. Comme son vrai nom remplace le faux…

marc the dutch

Mon Mal aurait pu finir en Bien, mais non. Il ne va pas et ne veut pas quitter sa femme, et pas seulement pour son fils. Il peut me porter en déesse, il peut avouer ses sentiments, il peut me regarder pendant des heures, il peut avouer qu’il m’aime, mais c’est tout. Quelques part, je le plains presque plus que moi. Il est malheureux  mais en plus de moi, il va devoir gérer sa trahison envers sa propre famille et çà, c’est dramatique. Il va devoir se regarder chaque matin dans un miroir… et prendre les décisions.

Ne me dites pas que j’étais idiote et aveugle. Qu’il ne quittera pas sa femme… Je le sais déjà…
J’étais simplement trop amoureuse. Je me sens simplement comme l’idiote qui a voulu faire confiance, mais qui n’a toujours pas droit à l’Amour. Il me reste plus qu’à acheter de la glue et recoller les morceaux de mon petit cœur, encore une fois, tout cassé.