Humeurs

L’inconnu qui voyage: l’australien

Il s’appelle Paul. Australien de passage à Toulouse, il me propose d’aller boire un verre avec une « locale ». Un homme du pays des kangourous à Toulouse ça ne se rate pas ! Je lui donne rendez-vous et une heure plus tard nous voilà assis en terrasse.  Il ne ressemble pas au cliché australien : il n’est pas blond et ni bronzé et ne se promène pas avec une planche de surf sous le bras. Grand, cheveux clairs, yeux bleus et ce petit quelques chose de froid légèrement britannique. Il a troqué la board pour jouer de la batterie dans un groupe. Entre les murs de la ville rose, j’ai du mal à retrouver mon anglais, mais il semble me comprendre. Je parle avec les mains, ça suffit. Il essai de commander en français. Je ris. Il parle trop vite pour mon cerveau engourdi alors je lui demande d’essayer avec l’accent américain. Il trouve ça affreux et mais au moins je le comprends beaucoup mieux. Je lis en espagnol et il me regarde avec des yeux ronds. Comment puis-je rouler les « r » ainsi ? Je lui apprends le mot « poussin », « cendrier » et je découvre qu’il n’y a pas de mot en anglais pour décrire la crête rouge des coqs. L’anglais a beau être une langue pratique, j’aime français pour son vocabulaire. Il voyage avec un couple d’amis. Ils arrivent d’Espagne avec un peu tour à San Sébastien, avant de filer dans le sud-est de la France. Puis Londres. Il commande une bière, et je lui dis qu’il devrait boire du vin. Alors on commande deux verres de Tariquet Premières Grives. Je détache mes cheveux, et il me dit que je suis jolie. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris mais je rougis. Je lui demande quels sont les préjugés sur les français. Snob, râleurs, fiers. J’espère avoir réussi à lui prouver que l’on peut aussi être accueillant et chaleureux. Même si être fiers est impossible vu que « Toulouse is the most beautiful city in the world, isn’t it ? » On s’est dit adieu. Il continue son tour d’Europe et nos chemins ne se croiseront probablement jamais. Mais cela reste une de ces belles rencontres improvisées et quelques peu surréalistes. La rencontre d’une culture différente sans partir. J’adore rencontrer des inconnus.