Bazar, Humeurs

En travaux

En ce moment je suis moins présente sur le blog. Trêve estivale saupoudrée d’une perte d’inspiration, j’ai besoin de couper quelques temps. Par dessus, je suis un peu perturbée par ma perte (volontaire) d’anonymat. J’ai parfois envie d’écrire des choses un poil trop personnelles et je sais que des proches, des collègues ou des potes, me lisent, alors je retiens certains mots et préfère mettre un petit mouchoir sur ce que je ressens en gardant mes brouillons secrets. Comme dirait SFR « et c’est pas fini » : je déménage ! Plus précisément je fais des travaux dans mon appartement et c’est juste… stressant, épuisant, énervant… Je suis une handicapée du tournevis et j’ai l’impression de ne rien savoir faire. Mais je fais, en habit de Xéna la guerrière du bricolage, je casse, peins, démonte, ponce, m’écorche, pleure (de rage, de rire ou parce que je me suis arraché les doigts – rayez la mention inutile –).

J’ai mis mon plus vilain short, pris mon courage à deux main et je suis allée chez Bricomarché, l’antre du bricolage pour mâles, afin de m’acheter plein d’ustensiles que je n’utiliserai qu’une seule fois. En pétant de la faïence, j’ai arraché du placo et fait un énorme trou dans mon mur. Intelligente ou presque, j’ai essayé de combler avec de l’enduit MAP (oui je deviens connaisseuse) mais ça n’a fait qu’empirer. J’ai fulminé. Alors j’ai appelé un « professionnel » et j’ai mis mon masque de Caliméro. « La pauvre petite femme seule qui doit faire des travaux et en plus qui n’a pas trop de sous donc ne peux pas faire tout ça et bien sur qui déménage dans 3 semaines… » snif, sortez les mouchoirs. Alors « le professionnel » m’a rappelé… Plein d’empathie pour ma situation difficile « pauvre petite femme », que je suis bien courageuse, blabla, et « qu’avec un sourire aussi beau que le mien », il me ferait un prix imbattable ! Whaou. J’ai d’abord sauté de joie puis je me suis demandé si il n’allait pas me demander autre chose en échange… Quand on s’est revu, j’ai mis un vieux jeans informe et je n’ai plus eu d’avances 😉

J’aurais pu faire simple mais non : on casse un mur, on pète toute la cuisine, on refait l’élect, on repeint et on change le parquet. Yes I can.

bricole

Rendez-vous avec le métreur pour la cuisine. Un peu dégouté de ne pas avoir affaire à un homme, il me prend de haut en terme technique, puis il me dit que le travail de l’électricien est mauvais, que je ne peux pas rester en l’état…  J’ai juste eu envie de lui faire avaler son mètre télescopique pour qu’il se taise. Là, en face de moi, à me prendre la tête pour une prise four et à me mettre face à un nouveau problème. J’ai immédiatement trouvé la solution :
– Tant pis je ne mets pas de four. (Solution simple et radicale => Tout moi)
– Mais vous avez besoin d’un four ! (Réponse d’homme qui dans l’absolu veut avoir raison parce que « lui il sait »)
– Heu non… J’ai un micro-onde et pas d’enfant ni de mec à qui cuisiner gâteaux et poulet roté le dimanche donc non, un four je peux m’en passer.
J’ai répondu « on verra » et il m’a encore emmerdé un quart d’heure, dissertant par A+B de la pertinence de mes branchements… #TuMeGaves

Sachez aussi que Bricomarché est un formidable lieu de drague… Il faisait très chaud et avec mon amie (juste une bombe atomique), nous allions acheter des pots de peinture. Nous étions recouvertes de blanc. Joues, cuisses, bras, cheveux et même petites projetons sur le visage, nous étions dégelasses. Mais il devait y avoir un je ne sais quoi de sexy. Deux femmes transpirantes et pleines de peinture, ça réveille les slips même de ceux en âge de prendre une pilule bleue. « Vous faites de la peinture ? » nous lâche un papi avec un large sourire. Tout le monde tend l’oreille. Il nous explique qu’il vient acheter une pomme de douche car la sienne est cassée « Et vous comprenez, ça m’a lâché en pleine main, de l’eau partout, j’étais tout mouillé »Mmmmh, attend. Non j’ai pas envie d’imaginer. Nous sommes parties fières de nos écorchures de bricologirls même si les juges approchaient les 70 ans.

Et il y a un truc merveilleux quand on fait des travaux ou qu’on déménage : c’est les copains ! Certains se proposent de bon coeur pour donner un coup de main. Une attention solidaire et, je ne sais pas pour vous, mais j’ai énormément de mal à demander de l’aide. Je vais gérer…. Tu parles Charles. Ca me troue le bide d’envoyer le SMS : « Excuse-moi de te déranger, mais si tu es disponible et si ça te n’ennuie pas trop, tu pourrais me filer un coup de main ? J’en peux plus »… C’est comme pour déménager. Ca fait chier tout le monde de déménager.

Donc voilà, mon été est dur vu l’entreprise dans laquelle je me suis lancée. Parce que j’y connais rien, que je ne sais pas qui a raison et qui a tord, que je ne sais pas combien ça coûte (beaucoup trop c’est certain), ni si je me fais arnaquer. Alors quand des proches bienveillants viennent péter 3 carreaux, détapisser, manger de la poussière pendant lors pause déjeuner ou rouler quelques mètres de peinture sur les murs, c’est juste… touchant. Et mon coeur devient un peu plus léger.

A eux, qui se reconnaitrons, merci.

Chris from Hell du DIY