Sport et bien-être

Le sport & moi : amour à sens unique

J’ai toujours voulu croire que je suis une sportive mais c’est souvent un échec.

A partir de quand sommes-nous considérés comme « sportifs » ? Est-ce dans le regard de l’autre ? En fonction de nos résultats ? Sur la durée ? Est-ce un état d’esprit ? Le sport et moi, ça a souvent été compliqué… Une histoire d’amour, mais à sens unique.

Toute petite ma mère a voulu que je fasse de la danse classique, comme toutes les jolies petites filles. Déjà à 6 ans j’étais du genre à bouger partout et j’avais du mal avec la rigueur. Je m’élançais dans des entrechats avec un bon coup de hanche à la Beyoncé… Ma mère a renoncé en ses espérances de voir sa fille délicate et fraîche en tutu, devenir un petit rat de l’opéra, et elle m’a inscrite en moderne jazz. C’était beaucoup plus sympa même si je ne respectais pas forcément les chorégraphies à la lettre. Malgré ma petite taille et mon physique peu longiligne, la prof me plaçait devant « Parce qu’elle a une excellente mémoire… » Danseuse au-devant de la scène pour son cerveau… J’ai laissé tomber, et à ma majorité, j’ai voulu enflammer les planchers sur du tango argentin et de la salsa. 2 ou 3 années qui m’ont permis d’avoir un bon niveau, et bizarrement, je n’étais pas trop mauvaise en tango, une danse qui m’obligeait à la rigueur, voire à la soumission auprès de mes partenaires (on se calme directe, vous et vos cerveaux de tordus). J’en étais la première surprise. (J’en profite pour passer un coup de gueule : Messieurs, les cours de danse ça peut être un bon moyen pour faire des rencontres mais please, on évite les odeurs corporelles et les 3 tonnes de parfum ! Comment voulez-vous qu’on se frotte à vous comme ça ?)

Après la lubie de ma mère, j’ai eu celle de mon père. Il m’a inscrite au club de tennis du village. Tout se passait bien, j’aimais bien retrouver les copains et faire mumuse avec les baballes jaunes,  jusqu’au drame : le jour où il m’a inscrite à ma première compétition. Bien-sûr, il était là, sur le banc à m’encourager les 10 premières minutes, puis il a commencé à se liquéfier en observant la pure humiliation de son unique progéniture. Je n’ai probablement pas marqué un seul point et j’ai eu envie de crever de honte. C’était ma première défaite. Je n’ai plus jamais joué au tennis. Le papounet était également entraîneur d’aviron, alors petite je l’accompagnais et on m’improvisait barreur. J’étais la petite mascotte de 6 ans qui regardait les autres se faire engueuler. C’était chouette.

Mais moi, ce que je voulais faire, c’était du poney. J’ai harcelé les parents pour qu’ils acceptent ce sport bien trop dangereux et onéreux pour une fillette de 8 ans. Ils m’ont inscrite et là j’ai passé les meilleures années de ma vie. Quelques supers copines, des cheveux et des cours académiques d’équitation. J’ai appris à sauter, j’ai passé mes galops et j’ai fait mes premières compétitions qui, pour une fois, se passaient bien. J’ai gagné mes premiers flots. Puis j’ai beaucoup chuté et me suis cassé le bras, le doigt, la cheville, le coccyx (oui le pire du pire). Puis il y a eu toutes ces chutes pas graves mais violentes : prendre une barre dans la tête, tomber dans un obstacle… Je me suis lassée l’équitation en club et j’ai privilégié les grands espaces et les longues randonnées. A 18 ans, j’ai eu mon cheval blanc : Jail (oui, « prison »). Il m’a suivi à Toulouse, mais je n’avais plus assez de temps pour le travailler et j’ai fait une ultime chute qui m’a complètement refroidie. Partie seule un soir sans prévenir personne, il était très énervé, j’ai tenté un grand galop dans un champ et il m’a éjectée violemment. Je suis tombée sur la tête et le dos et pendant quelques instants je n’arrivais plus à respirer. Ma bombe s’est cassée et mon corps était complètement mâché. Avec beaucoup de larmes, j’ai vendu mon cheval il y a un an à une famille qui allait le re-faire travailler.

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A gauche mon premier concours, je devais avoir 10 ans. A droite mon joli Jail

Parlons en deux mots du supplice des cours de sport au collège et au lycée. J’étais prête à n’importe quelle excuse pour ne pas avoir à me ridiculiser devant ces tyrans de camarades. Je devais être « indisposée » une semaine sur deux et je me camouflais sous d’immenses jogging Addidas. Je détestais ça, surtout les sports collectifs, ayant l’impression d’entraîner toute l’équipe vers le bas. Une fois, lors d’un match de volley, mon prof a expliqué que l’on devait trouver qui était « le boulet » de l’équipe adverse. J’ai alors observé que toutes les balles me venaient dessus. J’étais le boulet de mon équipe. Mais comme j’étais sympa et volontaire, on me mettait le moyenne pour ne pas impacter mes résultats.

J’ai testé la plongée sous-marine. Deux fois. Chaque fois catastrophique. Dès que mes oreilles se bouchent c’est la panique, je me mets à haleter comme un chien, ce que le détendeur n’aime pas… Comme je n’arrive pas à me concentrer, je pleure dans le masque… Alors je remonte. Je me sens beaucoup mieux en snorkeling.

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A 20 ans j’ai commencé le fitness (enfin les cours collectif) et j’ai enfin trouvé ce que j’aime. Transpirer jusqu’à épuisement, avoir un coach capable de me donner son énergie pour continuer plus fort, relever mes propres défis, voir ma progression, mettre plus de poids, bouger dans tous les sens, frapper de toutes mes forces. Et ne dépendre de personne. Ne rien avoir à prouver. Grace à ça, je peux m’endormir profondément pendant des périodes de stress, j’arrive à évacuer toute ma tension sur un cours de bodycombat en frappant un Mal imaginaire, je m’éclate sur un step… Aujourd’hui encore, j’ai besoin d’environ 7 h de cours par semaine pour me sentir bien, à coup de 3 entraînements de 2h30 par semaine. Je suis fière de porter 16 kg en squats, d’arriver à faire des pompes. Bien-sûr, il y a les cours qui ne servent pas à grand chose mais où je vais juste pour voir mon prof danser… (un mec qui bouge sur un bodyjam ça fait craquer je vous jure).

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Au centre : Attention, Chris en kick latéral !

 

J’ai essayé la course à pied. La fierté de faire mes premiers 7 km en compétition. Là par contre mon problème c’est l’ennui. Au bout de 20 minutes, comme personne ne m’encourage (j’ai pas mon beau coach, snif), et quand ça commence à tirer, j’ai envie d’abandonner. Alors je trottine encore, mais je préfère les courses « ludiques« .

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Ma première course : 7km d’Aix en Provence

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J’ai essayé les sports « extrêmes » comme le parachute ou le parapente : génial ! Mon mini-moi, danse encore. J’ai passé ma deuxième étoile en ski. Je deviens un peu plus à l’aise en paddle-surf, mais je ne décolle pas en surf, n’arrivant pas à déterminer quel est mon pied d’appel. Je me suis explosée dans les dunes de sable du Cap Vert en kitesurf et j‘ai bien aimé la planche à voile. Je me suis surpassée à la pelote basque… J’aime tester tout et n’importe quoi.

 

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Donc… le sport et moi, c’est comme une histoire d’amour à sens unique : Je l’ai beaucoup cherché, je le teste, j’essaie, mais on ne s’est pas vraiment trouvés.

J’aime faire du sport pour me sens mieux et pas pour mes performances moyennes ou pour mon corps imparfait. Je resterai « pulpeuse » avec des quadri trop développés et du bide, et je ne courrai jamais vite. J’ai les cuisses qui se touchent en marchant mais elles m’ont portées en haut d’un volcan, elles m’ont fait nager parmi des poissons magnifiques, elle m’ont fait galoper. Je peste intérieurement à chaque effort mais dès que c’est fini, je me demande quand est-ce que je peux recommencer…

Suis-je sportive ? Non. Je bois de l’alcool et je me couche tard mais je me bouge, je m’éclate ! Je m’amuse et j’en ai strictement rien à faire d’être moins bonne que les autres à partir du moment où j’y trouve du plaisir. J’aime être trempée de transpiration et rentrer chez moi avec le sentiment d’avoir donné tout ce que je pouvais. Et à toutes mes lectrices qui ne se pensent pas « courageuses » ou « sportives »,  je voulais finir sur ces vidéo : Girl, You can ! Oubliez le sport et bougez-vous, pour vous ! Pas pour la performance ni pour le corps « parfait » imposé par des connards dans des magazines et dont vous rêvez. Éclatez-vous parce que : vous en êtes capables !

 

Cet article est ma participation au 24e rendez-vous #EnFranceAussi sur le thème du Sport.

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Les liens des articles seront publiés au fur et à mesure que j’en prendrai connaissance.